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GÉNÉTIQUE
Le fonctionnement de la génétique
porcine française
Le schéma français de production
porcine a une structure pyramidale à trois niveaux : létage
de sélection, fournisseur de reproducteurs de race pure génétiquement
améliorés ; létage de multiplication, chargé
de diffuser un grand nombre de reproducteurs croisés jusquà
létage de production où sont produits les porcs charcutiers.
La sélection,
ou amélioration génétique, crée le progrès
génétique au sommet de la pyramide, en adaptant le patrimoine
génétique des animaux aux besoins de la filière :
exigences des éleveurs (truies prolifiques et bonnes mères,
moins de stress), des transformateurs (viande de qualité ne se
détériorant pas lors de la transformation) et des consommateurs
(viande moins grasse, qualités organoleptiques).
La multiplication, intermédiaire entre les élevages de sélection
et ceux de production, permet de diffuser un grand nombre de reproducteurs
à partir d'un petit nombre d'animaux de sélection. On compte
ainsi pour une truie en sélection, 7 à 8 truies en multiplication
et environ une centaine en production. La sélection crée
le progrès génétique, la multiplication le diffuse.
En France, l'étage de sélection comprend environ 18000 truies,
réparties dans 130 élevages de sélection. Elles appartiennent
à une trentaines de Populations animales sélectionnées
(PAS), qui correspondent à des races ou à des lignées
composites soumises à des programmes de sélection particuliers,
et possèdent chacune un Livre Généalogique propre.
Les deux tiers des truies en sélection appartiennent à des
populations de race pure (Large White, Landrace français et Piétrain),
détenues par des Organisations de Sélection Porcine (OSP)
participant au schéma d'amélioration collectif encadré
par l'ITP et l'INRA. Le tiers restant appartient à des OSP pratiquant
une sélection autonome, et correspond à des variétés
de races (18 PAS) ou des lignées composites (10 PAS).

La pratique du croisement permet de bénéficier
des la complémentarité entre les races. Les truies parentales,
produites et diffusées à l'étage de multiplication
sont en grande majorité issues d'un croisement Large White X Landrace,
qui assure de très bonnes performances de reproduction et un bon
niveau de production. Les verrats terminaux, souvent croisés eux
aussi, doivent transmettre aux porcs charcutiers de bonnes aptitudes de
croissance, une bonne conformation et/ou une bonne qualité de viande,
selon les besoins de la filière.
Dans chaque Population Animale Sélectionnée (PAS), les
caractères à améliorer, ou objectifs de sélection,
sont déterminés en fonction de l'orientation choisie par
l'Organisation de Sélection Porcine (OSP) pour la population. Les
caractères classiquement améliorés sont de 4 grandes
familles : croissance (gain moyen quotidien, indice de consommation),
composition corporelle (teneur en viande maigre, rendement de carcasse),
qualité de la viande (rendement technologique du jambon cuit),
performances de reproduction (taille de portée). Sur ce dernier
point, l'accent est mis dans les lignées maternelles, avec le développement
de lignées hyperprolifiques depuis les années 80.
Le programme national d'amélioration de génétique
porcine s'appuie sur une évaluation génétique commune,
basée sur un protocole de contrôle unique. Les contrôles
de performances mis en place dans les élevages de sélection
permet d'enregistrer, pour tous les animaux contrôlés, des
informations de croissance et de composition corporelle qui sont centralisées
dans la base de données nationale génétique, de même
que les performances de collatéraux contrôlés dans
les trois stations publiques de contrôle de performances. Ces données
sont combinées pour réaliser l'évaluation génétique
commune (par le BLUP modèle animal) qui vise à estimer la
valeur génétique de chaque candidat à la sélection
pour les objectifs de sélection choisis. L'ensemble a pour but
de réaliser la sélection des futurs reproducteurs, dans
le cadre des objectifs d'évolution génétique de chaque
race.
La qualité de l'évaluation génétique
repose en grande partie sur la fiabilité des données enregistrées
au niveau de l'élevage. De plus, depuis la mise en place de l'évaluation
BLUP modèle animal en 1995, plusieurs modifications sont survenues
dans la nature du travail des éleveurs et techniciens chargés
de réaliser le contrôle des performances en ferme. Les progrès
de la biologie moléculaire et la découverte de gènes
marqueurs permettent d'envisager des possibilités de sélection
"assistée par marqueur" venant compléter la sélection
classique sur les valeurs génétiques BLUP
Lorganisation du système
La loi sur l'élevage, adoptée en 1966 (loi n° 66-1005,
du 28 décembre) organise l'amélioration génétique
porcine en France, sous l'autorité de la Commission nationale d'amélioration
génétique (CNAG). Ce cadre législatif définit
les missions des différents organismes professionnels, pour le
bon fonctionnement du programme d'amélioration génétique.
Le programme national de sélection collective est encadré
par L'Institut Technique du Porc (ITP) et L'Institut national de recherche
agronomique (INRA) qui sont également respectivement chargés
de coordonner les contrôles de performances, l'appui aux éleveurs
et aux organisation de sélection porcine (OSP, anciennement "Schémas
de sélection"), de contrôler les OSP, d'être le
maître d'uvre de l'évaluation génétique
; l'INRA gérant pour sa part la base de données et procurant
un appui méthodologique.
L'Agence de sélection porcine participe à toute procédure
d'harmonisation ou de normalisation, ainsi qu'à l'élaboration
de projets de réglementation ; effectue des opérations de
contrôle auprès des OSP, coordonne les agréments des
OSP.
L'association des Livres généalogiques porcins collectifs
encadre la sélection collective, tient les livres généalogiques
des races Large White, Landrace et Piétrain ; coordonner et oriente
l'amélioration génétique de ces races ; met en uvre
le programme de sélection collectif (géré par l'ITP
et l'INRA)
L'Organisation de sélection porcine (anciennement "Schéma
de sélection") est un réseau d'élevages de sélection
et/ou de multiplication, réalisant de manière coordonnée
un programme de création et/ou de diffusion du progrès génétique.
Les OSP, agréées par le ministère de l'Agriculture,
assurent également l'identification et la filiation des animaux,
ainsi que les contrôles des performances.
Au sein des OSP, les élevages de sélection sont avant tout
des unités de type naisseur-engraisseur de race pure, bien conduites.
Les mâles et les femelles les plus performantes deviendront des
reproducteurs actifs dans l'élevage d'origine ou dans un centre
d'insémination artificielle (CIA) pour les meilleurs verrats.
Les stations de contrôles, encadrées par l'ITP, permettent
le contrôle des performances des collatéraux (animaux apparentés
aux candidats à la reproduction en élevage). Les trois stations
publiques françaises ont une capacité totale de 2.000 places
et accueillent annuellement 5.000 porcelets envoyés par les sélectionneurs.
Grâce aux résultats des différents contrôles,
donnés par le BLUP, le sélectionneur peut ainsi les porcs
les plus performants pour renouveler son élevage ou les envoyer
en CIA.
Les Centres d'insémination artificielle ont également leur
rôle dans la sélection, avec 60 à 70% d'inséminations
artificielles en sélection. Grâce à l'insémination
artificielle, la diffusion du progrès génétique est
rapide tout en offrant les meilleures garanties sanitaires et en créant
des connexions génétiques entre les élevages participant
au programme national. 
Pour en savoir plus
:
Institut Technique
du Porc - MNE - 149, rue de Bercy - 75595 Paris Cedex 12.
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